Tchad: Confinement total à N'Djamena sans préparation et sans accompagnement.

Le confinement total du N’Djaména sans préparation et sans accompagnement est une décision hâtive et improductive. Épargné de la propagation du virus, le Tchad qui était encore jusqu’à fin 2020 à moins de deux milles cas confirmés vient de connaître une deuxième vague de contamination. Les autorités ont compté soixante cas en novembre et 350 cas en décembre.

Contre toute attente, un décret présidentiel signé en date du 31 décembre 2020 a instauré un confinement de la ville de N’Djamena pour une période d’une semaine.

Le décret instaure la fermeture des écoles, universités, lieux de cultes, marchés, restaurants, bars. Il interdit le transport urbain et interurbain et impose un couvre-feu de 18h à 5h. D’autres précisions ont été faites par le ministre Secrétaire à la Présidence: «Il s’agit d’un confinement général, chacun doit rester chez lui pour permettre de circonscrire la maladie».

En réalité le gouvernement a un problème de communication

Idriss Deby, président du Tchad, nous demande de rentrer chez nous à 18h. Pahimi lui, exige que personne ne sorte de chez lui. Et le maire de la ville nous dit : « Respectez ces consignes qui sont certes difficiles mais nécessaires, pour la prévention de cette maladie ».

C’est une décision vraiment irréfléchie. Le confinement est nécessaire avec cette évolution mais pas de manière brutale, irresponsable et irréfléchie, sans aucune mesure d’accompagnement.

Quel confinement? Et pour trouver à manger, de l’eau à boire et se laver comment faire? Le confinement est possible pour les occidentaux, ils n’habitent pas à 30 dans une seule cour, utilisent un seul WC et mangent dans le même plat. Donc nous on est immunisés, circulez et laissez nous survivre.

Des étudiants bloqués à Ndjaména

Plusieurs étudiants tchadiens au Cameroun se sont rendus à Ndjamena pour les fêtes de fin d’année. Ils se voient empêchés de quitter la ville en raison du confinement.

Une vive contestation

La décision est vivement contestée par la société civile, les artistes et l’opposition. Pour l’artiste Mawndoé Célestin, une nouvelle année qui commence avec beaucoup d’espoir tourne plutôt à l’enfer. Cidson Alguewi, artiste de N’Djaména, va plus loin verser des larmes pour s’insurger contre la décision.

Pour la figure emblématique de l’opposition Dr Succès MASRA, il s’agit aussi d’une décision brutale, inefficace et injuste. « J’appelle la population à s’opposer à ces mesures » a-t-il écrit sur sa page Facebook

Capture d’écran de la page Facebook de Dr Masra


L’artiste tchadien Mawndoé Célestin ajoute : « Je joins ma voix et mon image à ces millions des Tchadiens qui viennent de débuter l’année 2021 pour exiger une explication de l’État tchadien face à cette ce couvre-feu insupportable qu’on vit depuis des mois. »

Les internautes tchadiens eux aussi affirment que « le Maréchal est l’unique responsable de la propagation du Covid-19 avec ses tournés électorales irresponsables.« 

Cette décision a touché également les commerçants. En effet, ils vivent au jour le jour avec leurs petits commerces pour subvenir aux besoins de leurs familles. La fermeture des marchés a des conséquences dramatique sur nos vies. Avant de prendre une telle décision, le gouvernement aurait dû mettre en place une mesure d’accompagnement pour les commerçants et les petites entreprises. Mais rien n’a été fait.

Une semaine sans activités aura des conséquences plus lourdes que le Covid-19.

Nous demandons au gouvernement la réouverture de nos boutiques et la poursuite de nos activités. «Vaut mieux mourir de coronavirus plutôt de mourir de faim », déclare un commerçant.

Fermeture du grand marché de Ndjaména


Ne soyez pas surpris que les N’djamenois désobéissent pour leurs survies. Ici (N’Djaména), nous sommes à 18h heure du couvre-feu. C’est plutôt un bon signe que les activités continuent.

Les N’djaménois désobéissent à ces mesures de couvre-feu
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Auteur·e

foulaty

Commentaires

Keita
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On tombera dans son propre piège tôt ou tard